Depuis que j’ai ouvert ce blog, je ne vous ai pratiquement pas parlé des travaux de ma maison. Comme vous pouvez vous en doutez, nous essayons dans la mesure du possible d’utiliser des méthodes et matériaux les moins polluants possible. Alors je me dis que, partager avec vous mon expérience dans le domaine, vous faire part de mes réflexions, pourrait peut-être vous intéresser et vous éviter de perdre beaucoup de temps à tâtonner dans le vide, comme nous… Nous avons entrepris il y a quelques temps la pose du carrelage de la salle de bain.
Nous avons acheté un joli carrelage tout simple dans un petit magasin spécialisé près de chez nous. Le carrelage n’était pas plus cher qu’ailleurs mais le vendeur nous a bien conseillé, il connaissait bien ses fournisseurs et a bien ciblé nos goût. Rapide et efficace.
Mais ce fût plus compliqué pour la colle et les joints.
Les joints achetés dans le commerce ne sont pas extrêmement polluants mais le problème avec ce type de matériaux, la colle comme les joints, ce sont les solvants qu’ils contiennent. Nous nous sommes rendus tout d’abord dans un magasin de matériaux écologiques (le plus proche) et nous avons acheté 2 seaux de 5kgs de colle à carrelage en poudre. Ça coûtait dans les 15 euros les 5kgs, je crois.
Puis j’ai demandé conseil à la dame du magasin à propos des joints. Elle m’a alors expliqué gentiment que n’avais pas besoin d’acheter les joints tout fait du magasin mais que je pouvais les fabriquer moi-même avec de la chaux et du sable, à l’ancienne. Elle recommandait particulièrement cette méthode pour une salle de bain car la chaux régule l’humidité et laisse les murs respirer.
Je suis donc partie du magasin avec un sac de chaux et du sable fin pour les joints.









La colle à carrelage est très facile à fabriquer.
J’ai mélangé la colle en poudre avec un peu d’eau de manière à avoir la consistance d’une crème fraîche.
J’ai laissé reposer un petit peu…












Une fois la colle reposée, j’ai enduit une partie du mur avec un peigne spécial.
Les cloisons de ma salle de bain sont en Fermacell, c’est une sorte de placo sans colle, sans solvant constitué de plâtre et de cellulose compressés à autre pression et hydrofuge (testé et approuvé par moi-même c’est totalement hermétique à l’eau).
La colle semble bien adhérer sur le Fermacell.







Il ne faut pas enduire une trop grande surface de colle pour éviter qu’elle ne sèche trop vite et poser assez rapidement le carrelage.
Les carreaux sont simplement posés les uns sur les autres, la colle les maintient au mur sans pour autant les fixer définitivement et permet de les réajuster pour bien les aligner.
J’ai choisis une pose en diagonale, ce n’est pas la technique la plus simple pour celui qui fait les coupes de carreaux.












Pour éviter d’utiliser des croisillons en plastique (oui j’évite au maximum le plastique dans le chantier pour des raisons écologiques) pour espacer les carreaux, nous avons utilisé des allumettes que j’avais en quantité astronomique à la maison et dont je ne savais pas quoi faire.


















La pose s’est faite sans problème particulier et bientôt la totalité de la surface fût recouverte de carrelage.









Une fois le carrelage propre et sec, (je crois que c’est 24 heures d’attente mais nous avons pris beaucoup plus de temps) nous pouvions entreprendre les joints.







Bien sûr, quand j’ai voulu reprendre les notes que j’avais prises aux magasin de matériaux bio, pas moyen de remettre la main dessus. Alors je me suis aidée d’un livre intitulé:
La Chaux naturelle : Décorer, restaurer et construire de Julien Fouin aux éditions du Rouergue
Cet ouvrage parle particulièrement d’enduits et de peinture à la chaux mais aussi de mortier de pose de carrelage et de barbotine. C’est là que je me suis rendu compte que la même recette sert de mortier de pose et de joint, c’est la même chose.









Pour réaliser une barbotine (c’est un joli mot, n’est-ce-pas?), il faut de la chaux hydraulique NHL 3,5 (attention, c’est une chaux pure, elle ne doit pas contenir de ciment qui est indiqué par un Z sur le sac)
du sable fin et de l’eau.








Dans une gamate, on mélange un volume de chaux avec un volume de sable et un volume d’eau.














On doit mélanger les deux premiers ingrédients et ajouter l’eau progressivement jusqu’à obtenir la consistance d’une crème fraîche onctueuse (oui, j’y tiens…).













On tartine amoureusement le carrelage avec cette préparation. Elle doit couler dans les joints.
















C’est pas joli, joli comme ça, n’est-ce-pas?


















Une fois tous les interstices bouchés, il faut retirer l’excédent de barbotine avec une éponge humide.














J’ai été un peu effrayée par la couleur sombre du joint avant qu’il ne sèche…














Mais une fois sec, c’est plutôt joli!















Les joints donnent un aspect ancien au carrelage, et ça tombe bien puisque c’était l’effet recherché!!