Je vous disais, dans un article précédent, que je souhaitais prendre un peu de distance avec mon ordinateur et surtout avec Internet.

J’ai pris le temps de réfléchir à ma relation avec l’ordinateur.

Il y a quelques années, j’ai déjà pris mes distances avec la télévision. Le problème venait essentiellement du fait que lorsque je rentrais du boulot, j’allumais la télé, je prenais une petite collation et parfois je m’endormais devant ou bien je me faisais happée par un programme quelconque. Un mécanisme, une habitude dont je n’étais pas consciente. Si j’ai voulu prendre mes distances avec la télé, c’est pour plusieurs raisons:

  • elle véhicule des idées qui, dans l’ensemble, ne me conviennent pas ( notamment, vous savez cette pub où un jeune cadre dynamique fait sa révolution… Il craque, quitte son boulot, défait sa cravate, jette sa sacoche de travail et puis il voit une voiture et se résigne à reprendre sagement le travail pour pouvoir se la payer. Allez, au boulot bande d’esclaves! Belle image de notre société consumériste! Cette pub me rendait folle…)
  • elle est chronophage, le temps passe sans qu’on ne s’en rende compte et sans que l’on en profite
  • elle pousse à la consommation et quel que soit le programme: posséder certains gadgets est une évidence, consommer est une évidence
  • elle assomme, occupe l’esprit et empêche de réfléchir
  • elle formate les esprits
  • les journaux télévisés me rendaient malade et hyper angoissée (j’ai de très mauvais souvenirs, gamine, des repas familiaux quotidiens devant le journal télévisé…)
  • elle aurait tendance à me coller le blues

Bref, en prenant un peu de recul, je me suis dit qu’après tout, la regarder un peu moins ne me ferait pas de mal.
Combien d’heures pas semaine, j’y consacrais? 6, 8, 10 heures? Est-ce que je ne pourrais pas utiliser ces heures pour autre chose?
J’ai commencé par faire un petit effort pour ne pas l’allumer en rentrant du boulot. Tiens, j’ai du temps!… Puis par ne plus l’allumer du tout. J’y ai pris goût… Après cette période de sevrage, lorsque de temps en temps je tombais sur le journal télévisé, je me rendais compte à quel point ce programme était violent. Faites l’expérience, ne regardez plus les infos à la télé pendant quelques temps, lorsque vous vous retrouverez devant votre écran, vous serez choqués par les images, la froideur avec laquelle le présentateur passe d’un sujet horrifiant à un sujet léger. Je n’exagère rien: les morts, la guerre, la sang, tout y est. Mais ça, lorsqu’on le voit tous les jours, on ne s’en rend même pas compte. Certains films sont interdits aux enfants mais pourquoi un programme aussi violent passe aux heures ou les enfants sont encore debouts et susceptibles de regarder?…
Bref, petit à petit, je me suis désaccoutumée de la télé jusqu’à ce que je perde le réflexe de l’allumer et même, que je n’en ressente plus du tout le besoin. J’avais à nouveau du temps pour moi.

Puis quelques années plus tard, j’ai eu l’occasion d’acquérir un ordinateur (Jusque là, j’utilisais celui de mon homme quand il ne bossait pas dessus). C’était bien mieux, je ne lui trouvais pas les inconvénients de la télé. Je choisissais les sujets qui m’intéressaient, je laissais de côté les sujets qui m’angoissaient et sur lesquels j’étais totalement impuissante, je m’enrichissais des expériences des autres, j’approfondissais des réflexions personnelles, des débats sur lesquels il était très difficiles de trouver des informations par d’autres biais. Je n’étais plus bombardée par la pub (j’utilise firefox qui bloque les fenêtres intempestives).
Bref, je subissais beaucoup moins.
Seulement, voilà, je suis très curieuse, peut-être trop, beaucoup de choses m’intéressent. Donc, je me suis abonnée à des listes de diffusion, des fils rss en pagaille, des newsletters… Je passais beaucoup de temps à lire… Il fallait que je trouve une solution pour me limiter un peu.
L’autre gros point noir de l’ordinateur, c’est le côté technique. Lorsque j’ai un problème informatique, je m’obstine et ne lâche pas facilement l’affaire. Je peux chercher longtemps, très longtemps la solution, m’agacer pour réparer quelque chose qui fonctionnait pourtant bien la veille et qui plante aujourd’hui sans raison. L’informatique, c’est quand même particulier, est-ce que nous tolérons autant de dysfonctionnements sur un autre de nos appareils? Non. Vous connaissez tous ces images de Bill Gates qui fait une démonstration officielle de sa nouvelle version de Windows et qui plante… lui, le créateur… Ces longs moments passés à essayer de résoudre un problème informatique me mettent sous pression et j’ai beaucoup de mal à faire redescendre cette tension nerveuse, surtout lorsque le problème n’est pas résolu au final… C’est surtout là que je me dis qu’il est temps de lâcher prise avec l’ordi, d’épargner mes nerfs. Je n’ai pas à être une experte en informatique pour pouvoir utiliser mon ordi.

Arrivée aux termes de cette réflexion:

  • J’ai commencé à faire un gros nettoyage dans mes diverses inscriptions: progressivement, j’ai supprimé la moitié de mes flux rss (peut encore mieux faire), je ne reçois plus qu’une liste de diffusion yahoo dans ma boîte aux lettres (une que j’aime vraiment beaucoup), je me suis désinscrite de la plupart de mes newsletters…

  • J’ai formaté mon disque dur

  • Une fois mon ordi vidé de son contenu, j’ai décidé de ne pas utiliser Windows mais Linux. Pourquoi Linux? parce que ça marche, c’est stable, c’est LIBRE et gratuit. J’ai choisi Ubuntu qui est vraiment une interface simple et accessible pour nous “ex- windowsiens”. J’ai tâtonné un petit peu au début mais sans plus.

  • Je n’ai installé que des programmes que j’utilise, je n’ai pas commencé à chercher ce qui serait susceptibles de me servir comme je serais tentée de le faire. De plus, avec Linux, pas besoin de pare feu, pas besoin d’antivirus etc…

  • Volontairement, je n’ai pas récupéré une bonne partie de mes données internet: favoris, mot de passe et login…

Bref, je reviens progressivement à l’essentiel. Il y a encore des progrès à faire, mais je suis sur la bonne voie. Ma relation avec l’ordi semble redevenir plus sereine. A suivre…