Entre 2 bouquins de jardinage, je ressors toute émerveillée de la lecture d’un roman de Barbara Kingsolver, L’Arbre aux haricots. Je n’avais jamais lu cet auteur et je dois dire que c’est une belle découverte. Une plume très féminine.

Beaucoup de chaleur, d’humanité et d’émotions dans ce roman. Des personnages plein de charmes, plein de vie malgré la dureté du quotidien.

C’est un de ces livres dont on sort le cœur léger, plein d’espoir. Je m’empresse d’attaquer la suite: Les Cochons du paradis.

Résumé de l’éditeur:

Taylor Greer n’a pas l’intention de finir ses jours dans le Kentucky, où les filles commencent à faire des bébés avant d’apprendre leurs tables de multiplication. Le jour où elle quitte le comté de Pittman au volant de sa vieille coccinelle Volkswagen, elle est bien décidée à rouler vers l’Ouest jusqu’à ce que sa voiture rende l’âme. C’est compter sans le désert de l’Oklahoma où, sur le parking d’un bar miteux, elle hérite d’un mystérieux balluchon : une petite Indienne. On est à Tucson dans l’Arizona ; Taylor a les yeux grands ouverts, de l’énergie à revendre et une bonne dose d’humour. Dans un garage un peu spécial, elle va rencontrer à la fois la générosité et l’inacceptable, et trouver l’espoir de garder celle qui est devenue son enfant, la petite Turtle. L’Arbre aux Haricots est une histoire de rire et de peine, un magnifique début pour une nouvelle romancière contemporaine. La suite des aventures de Turtle et de sa mère a été publiée sous le titre : Les Cochons au paradis (Rivages).

Mes passages préférés

“Regarde ces types dans le parc, qui n’ont pas d’endroit où aller. Et ces femmes aussi. J’y ai vu des familles entières. Pendant qu’on est tranquillement chez nous à mettre les sacs en plastique hors de portée de nos enfants, ces femmes les récupèrent pour leurs enfant ces sacs. Pour en faire des habits, tu te rends compte. Des imperméables. Et elles leur ramassent de quoi manger dans les poubelles du McDonald. On se dit que vivre, c’est déjà pas mal comme punition pour ces gens, mais non, il faut que les flics s’amènent le matin et les réveillent à coups de bâton. Tu l’as vu. Et tout le monde qui crie, bravo, allez-y! Que les plus forts gagnent. Regardez-moi! Nettoyez-nous ce quartier et que le diable emporte la racaille.
Lou Ann écoutait.
“Ce que je veux dire c’est que personne n’a plus pitié de personne. On fait même plus semblant. Pas même le président. On dirait que c’est devenu antipatriotique”

L’Arbre aux haricots de Barbara Kingsolver, Edition Rivages p 254


Le sang, tu sais, c’est pas le seul moyen de transmettre l’honnêteté à un enfant. C’est le reste qui compte. Ce qu’on leur raconte, Taylor. Prends quelqu’un de mauvais, ça lui fait du bien de dire à ses gosses qu’ils sont pires que lui. Et en plus, c’est exactement ce qu’ils vont devenir.

L’Arbre aux haricots de Barbara Kingsolver, Édition Rivages p 327


Mais voici la partie la plus intéressante: les glycines, comme les autres légumineuses, vivent souvent dans un sol pauvre, disait le livre. Leur secret a pour nom rhizobia. Ce sont des insectes microscopiques qui vivent sous terre en petites grappes agglutinées sur les racines. Ils aspirent de l’azote dans le sol et le transforment en engrais pour la plante.
Les rhizobia ne font pas vraiment partie de la plante, ce sont des créatures distinctes, mais elles vivent toujours avec les légumineuses, espèce de chemin de fer souterrain qui monte et descend sur les racines.
“Je t’explique, ai-je dit à Turtle. C’est toute une organisation invisible qui est destinée à aider la plante, mais on ne se douterait jamais qu’elle est là”  J’adorais cette idée. “C’est exactement la même chose avec les gens. Edna, par exemple, elle a Virgie, et Virgie a Edna, et Sandi elle a Kid Central Station, et tout le monde a Mattie. Et ainsi de suite.”
Les glycines, si elles étaient livrées à elles-mêmes, s’en sortiraient tout juste, ai-je expliqué à Turtle, mais mets-les avec des rhizobia et elles feront des miracles.

L’Arbre aux haricots de Barbara Kingsolver, Édition Rivages p 333


Mais sur cette terre rien n’est garanti, si on réfléchi bien, tu crois pas? J’ai beaucoup pensé à tout ça. Tes enfants, ils sont pas vraiment à toi, c’est juste des gens dont tu essaies de t’occuper, en espérant que plus tard ils continueront à t’aimer et qu’ils seront toujours entiers. Ce que je veux dire, c’est que tout ce qu’on a, c’est comme un prêt, tu comprends?
- Ouais. Comme les livres de la bibliothèque. Tôt ou tard, il faudra les ramener.
- Exactement. Alors, à quoi bon se rendre malade. Autant vaut en profiter tant qu’on les a.

L’Arbre aux haricots de Barbara Kingsolver, Édition Rivages p 338