Voici un article tout à fait superficiel. Une fois n’est pas coutume, je vais parler fringues et chaussures, ceux qui me connaissent ne vont pas en croire leurs yeux…

Faute de moyens, enfant, je ne m’habillais pratiquement qu’avec des vêtements et chaussures que l’on nous donnait et ma mère complétait avec quelques achats.

Étudiante, donc peu fortunée, j’ai continué ainsi. Je mettais des fringues qu’on nous donnait et faisais quelques achats complémentaires. 

Maintenant dans la vie active, le pli étant pris, je continue à m’habiller de dons, et pour des raisons de budget et de convictions, je complète par des achats dans des trocs et vide-grenier. J’y trouve mon compte, des choses pas trop démodées et pas très chères, et puis ça correspond à mes idées, je donne une nouvelle vie à des choses délaissées, je recycle. Je complète ma garde robe par des achats rapides aux mieux offrants.

Mais ce mode de fonctionnement n’est pas tout à fait satisfaisant.

  • A près tant d’années, force est de constater que j’ai rarement été habillée à mon goût. Je mets ce qu’on me donne, ce que je trouve en bon état, ce que j’ai sous la main.

  • Les choses achetées ou données ont déjà vécu et sont plus ou moins défraîchies, ce qui m’oblige à les renouveler très souvent alors que je déteste faire les boutiques

  • Les choses que j’achète ou qu’on me donne ont des défauts que je n’ai pas vu à l’achat et qui ont poussé l’ancien propriétaire à les vendre ou les donner

  • J’encombre mes armoires de multitudes de vêtements ou chaussures qui ne me conviennent pas, qui ne me vont pas, que je n’aime pas mais qui peuvent toujours servir… Dominique Loreau évoque, dans son premier livre L’Art de la simplicité, ce problème. Selon elle, et c’est ce qui me fait dire que je ne suis pas la seule, nous croulons sous nos possessions et nos armoires sont encombrés de vêtements et de chaussures que nous n’aimons pas, qui ne nous correspondent pas, qui ne nous vont pas bien et qui nous étouffent.

  • Je ne sais pas qui tire bénéfice de ce marché de la deuxième main.

  • J’achète, peu neuf mais toujours à bas prix, des vêtements ou chaussures de l’industrie textile, fabriqués dans des matières de mauvaise qualité à des milliers de kilomètres par des gens (parfois même des enfants) sous payés et mal traités, blanchis ou teintés avec des produits très polluants, ce qui n’est pas en adéquation avec mes idées.

  • Autre point à prendre en considération, ou pas, une amie branchée feng shui me dit que porter les vêtements d’une autre personne n’est pas très bon car l’on se charge aussi de ses mauvaises énergies, de ses frustrations, de ses échecs (mouais, pas très écolo tout ça…)

Conclusion, il est temps de faire un peu de vide dans mes armoires, de virer tout ce qui ne me convient pas, de garder ce que j’aime porter, et de suivre le conseil de Dominique Loreau: posséder très peu mais de très bonne qualité.

Seulement voilà, ce n’est pas si simple. Dans la jungle de l’habillement, comment faire les bons choix?
Si le sujet de l’habillement semble superficiel, il n’en ai pas moins un élément de notre quotidien qui contribue à grossir nos décharges, produit une quantité importante de pollutions et contribue à l’exploitation des hommes.
Mes interrogations:
- Dois-je trouver une couturière et faire mes fringues sur mesure? C’est ce qui se pratiquait dans le temps avant l’invention du prêt-à-porter mais ça me semble quand même très contraignant: il faut trouver le tissu, le modèle, faire les essayages, je crois que ce n’est pas pour moi… (moi-même, je couds un peu mais je n’atteindrais jamais une réelle qualité de finition qui pourrait me satisfaire)
- Dois-je faire travailler des commerce de proximité, des petites boutiques à proximité de chez moi? Là j’ai bien peur de ne pas trouver chaussure à mon pied parce qu’il y a peu de boutiques et plutôt axées sur le 3ème âge.
- Dois-je acheter du “Made in France” qui éviterait les milliers de kilomètres et m’assurerait un gage de qualité? Mais, ça existe encore l’habillement totalement fabriqué en France? Comment sait-t-on qu’une marque est réellement française?
- Dois-je encourager une manière de procéder non polluante, en achetant du bio? Mais  ces fringues ne viennent-elles pas de loin? Et puis bio rime-t-il avec qualité? A t-on assez de recul pour le savoir? Le prix assez élevé est-il justifié par la qualité?

Pour l’instant, je n’ai pas encore trouvé la solution.
Aucun achat n’est anodin même un achat de deuxième main. Lorsque j’achète, j’encourage une pratique, je grossis les décharges,  je contribue a l’exploitation de personnes et parfois même à l’esclavage. Alors cet achat, quel qu’il soit, doit être fait avec une réflexion préalable même pour des choses aussi futiles et nécessaires que les vêtements ou les chaussures…
A suivre donc…